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NATURE MORTE
Réalisé par Paul Burrows
Scénario: Paul Burrows
Avec Troy McFadden, Carole Derrien, Laurent Guyon, Morrigan Hel, Romain Roll, Jeso Vial, Michelle Esclapez, John Lamond Jnr...
Production: Paul Burrows, Carole Derrien
Musique: Arban et Steven Severin
Site Officiel
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John Stephensen, serial killer suspecté, est trouvé mort près du corps de sa dernière victime. Sa mort est considérée comme un suicide par la Police et le dossier est bouclé. Stephensen laisse derrière lui les traces d'un meurtre parmi les plus horribles et dix tableaux extraordinaires. Mais lorsque de nouvelles peintures, apparemment du même artiste, réapparaissent, la police française demande à Davenport de l'assister à prouver leur authenticité…

La poésie des images qui est représentée dans le film exprime-t-elle les désirs inavoués de la réussite, de la reconnaissance, du culte dont chacun aimerait faire l'objet ?
Nul doute qu'on peut se poser la question. Le pouvoir absolu, la domination, ce que tout homme ou femme recherche apparaît comme une nécessité dans ce film.
Cet univers qui nous est présenté avec talent, permet-il au réalisateur Paul Burrows d'aller jusqu'au bout de ses désirs ?
Sans équivoque, je réponds par l'affirmatif.
Comme le dit si bien Marcel Proust :
Par l'art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n'est pas le même que le nôtre...

Tout d'abord les « délires » visuels permettent d'entrer dans ce monde. En effet, les plans ne seront pas filmés tous de la même manière.
Des images psychédéliques, tel un film du maître absolu de ce genre de thématique qu'est David Lynch, nous entraîne par exemple dans l'univers de la drogue. Tels les différents protagonistes, le spectateur se retrouve dans les méandres des méfaits qu'engendrent les narcotiques. On ne sait plus vraiment ce qui se passe, ce qui est réalité ou fiction. Tels sont les effets que rendent les images qui apparaissent sous nos yeux.
D'autres plans plus fixes jouent sur la palette de couleurs en faisant ressortir plusieurs couleurs et en atténuant les autres pour donner un aspect plus pâle. Le film est en effet très pâle. Mais tel par exemple les draps rouges qui ressortent et qui attirent le regard, attisent l'envie, le désir et donnent ce sentiment de pouvoir, le réalisateur arrive à nous dominer. Il préféra, pour certaines scènes, utiliser une palette tirant vers le jaune safran tandis que dans d'autres séquences, nous aurons une dominance de vert glauque. Son « monde » devient ainsi le nôtre.

Au delà d'un simple film, plusieurs influences cinématographiques (consciente ou inconsciente) viennent créer une nébuleuse d'images pour ce résultat étonnant. Comme pour David Lynch que j'ai déjà cité, mais aussi Norman J. Warren et d'autres réalisateurs des années 70-80. Car bien que visuellement le film soit d'actualité, l'essence même semble rejoindre les films plus anciens dans lesquels la violence pouvait se mélanger à des scènes plus orientées sexe.
Nature morte peut ainsi perturber. De séquences violentes, on passe à l'érotisme soft mais perturbant. Le réalisateur réussit encore une fois son pari. Il suggère et montre juste ce qu'il faut. Ainsi, par exemple Blanche De Ladang (Carole Derrien) suggère la domination de la femme sur l'homme. Elle veut et obtient ce qu'elle veut mais cache des désirs inavoués. Elle séduit, fait l'amour et tel une mante religieuse décidera du sort de son amant.
D'ailleurs, pour en venir au casting, celui-ci est composé d'acteurs peu connus mais ayant la particularité de réussir là ou d'autres plus reconnus auraient échoué.
De Laurent Guyon (Lec), Troy McFadden (Oliver Davenport), Carole Derrien (Blanche De Ladang), Romain Roll (John Stephensen) et j'en passe, ils arrivent à trouver le juste milieu. Sans trop accentuer leurs personnages, mais jouant habillement sur leurs traits de caractères, ils parviennent à créer l'osmose que devait souhaiter le réalisateur.
Malgré de nombreux atouts, un film n'est rien sans une bande sonore correcte. Celle de Nature morte ne doit en aucun cas avoir honte. C'est en effet Arban et Steven Severin qui s'en sont occupé. Ce dernier très connu avec le groupe qu'il avait monté (Siouxsie & the Banshees) réussit à donner l'ambiance nécessaire au film.

Le talent ne rime pas avec budget énorme. En effet même si le film a été réalisé dans divers pays (Thaïlande, France et Angleterre), celui-ci n'a pas eu le privilège d'être soutenu par un grand studio comme beaucoup de films aujourd'hui. C'est le système D, la perspicacité des producteurs, la force de faire ce qu'ils aiment qui a permis de faire que ce film existe. Il ne souffre pas d'ailleurs visuellement de ce manque d'argent.
C'est un film « fait avec les tripes » comme on aimerait en voir plus souvent. Par contre, il n'est pas accessible aux plus jeunes ni à tous les types de publics. Mais c'est tout à fait normal pour un film de genre, qui se trouve être le premier du réalisateur Paul Burrows.
Si vous avez l'occasion de voir Nature morte en festival ou en DVD, ne vous posez pas la question… Foncez !!!
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